URGENCE Haïti
Suite au violent tremblement de terre qui a secoué Haïti, le CICR (Comité International de la Croix-Rouge a lancé un site internet appelé « Family Links Website » pour permettre aux personnes en Haiti et à l’étranger d’enregistrer les noms des proches dont ils n’ont pas de nouvelles. Les personnes cherchant à avoir des nouvelles de leurs proches en Haiti peuvent donc enregistrer le nom de la personne recherchée sur le site www.icrc.org/familylinks
Clicker sur « Haiti earthquake 2010 », le site est aussi traduit en Français (pour changer la langue, voir à droite de la page)
Le CICR et la Croix-Rouge haïtienne associent leurs efforts pour retrouver les personnes portées disparues et pour maintenir le contact entre les membres de familles dispersées, fournissant un moyen de communication vital à des dizaines de milliers de Haïtiens. Des volontaires de la Société nationale haïtienne gèrent les postes de recherche de personnes, où les gens peuvent enregistrer leur nom sur le site FamilyLinks du CICR ou appeler des membres de leur famille par téléphone satellite. La base de données FamilyLinks contient actuellement plus de 26 000 noms, dont ceux de 4 061 personnes en Haïti qui annoncent qu'elles sont vivantes.
Pour toute information complémentaire, votre service Tracing est joignable...
Du lundi au vendredi
9h-12h30 au 02 371 31 58
13h30-17h au 02 371 31 31 pour l’urgence, ne sera plus opérationnel après l’urgence
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Plus d'info sur le service Tracing permettant de rétablir les liens familiaux, c'est ici.
Interview de Robert Zimmermann, chef adjoint de la Division de l’Agence Centrale de Recherches et des activités de protection du CICR
Aider à rétablir les liens familiaux après le séisme
À la suite du récent séisme en Haïti, des milliers de personnes sans nouvelles de leurs proches vivent dans l’angoisse. Robert Zimmermann, chef adjoint de la Division de l’Agence Centrale de Recherches et des activités de protection du CICR expose le problème et l’action menée par l’institution pour aider ces personnes à retrouver leurs proches.
De nombreuses personnes sont sans nouvelles de leurs proches suite au séisme qui a frappé Haïti la semaine dernière. Pouvez-vous nous exposer plus en détail l’ampleur du problème ?
Bien qu’il soit impossible d’évaluer le nombre de personnes ayant perdu contact avec leurs proches, le nombre de demandes reçues des familles vivant à l’étranger fait ressortir toute l’ampleur du problème. Le contact téléphonique n’est plus possible et les personnes sont évacuées vers les hôpitaux sans même pouvoir en informer leurs proches. Des milliers de personnes vivent dans l’angoisse, ne sachant pas si leurs proches sont ensevelis sous les décombres ou s’ils sont en vie et ils ne peuvent pas communiquer avec eux.
Que fait exactement le CICR pour aider les personnes à rechercher leurs proches ?
Tout d’abord, moins de 24 heures après le séisme, le CICR a mis en place un site web qui offre la possibilité de rétablir le contact entre les membres de familles séparées. Des personnes, principalement à l’étranger ou en dehors de la zone touchée, peuvent publier sur le site les noms de proches dont ils sont sans nouvelles. Les personnes en vie peuvent également s’enregistrer sur le site. Elles peuvent le faire elles-mêmes, si elles ont accès à Internet, ou peuvent s’adresser aux collaborateurs de la Croix-Rouge, et se fonder sur les informations données par les personnes rencontrées dans les hôpitaux, les abris ou autres lieux.
Pour permettre aux personnes n’ayant pas les moyens de communiquer avec l’extérieur et d’informer leurs proches qu’elles sont en vie, un bureau est mis en place au siège de la Croix-Rouge haïtienne avec des ordinateurs et des collaborateurs prêts à apporter leur aide.
Le 18 janvier, plus de 22 000 personnes ont été enregistrées sur le site web, dont plus de 1 500 personnes souhaitant dire à leurs proches qu’elles sont en vie. De plus, 220 personnes nous ont demandé d’effacer les noms des personnes recherchées ayant pu rétablir le contact avec leurs proches de manière indépendante ou par l’intermédiaire du site web du CICR.
Quel est l’avantage du Web par rapport aux demandes de recherches traditionnelles sur papier ?
Il est clair que le Web permet d’atteindre rapidement un très grand nombre de personnes et de leur transmettre les informations. Il permet également aux personnes de faire part des informations disponibles sur les personnes recherchées, d’y accéder, ou d’indiquer qu’elles sont en vie sans passer par un bureau du CICR ou d’une Société nationale de la Croix-Rouge.
Quels sont les principaux problèmes que l’institution rencontre sur le terrain. L’action menée par le CICR et la Croix-Rouge haïtienne pour aider les familles à rester en contact a-t-elle des limites ?
Les obstacles restent extrêmement nombreux. Heureusement, les téléphones mobiles fonctionnent depuis quelques jours et bon nombre de personnes rétablissent le contact avec leurs proches. Compte tenu des besoins énormes de la population (eau, vivres, abris, santé, articles de première nécessité), il nous faut déterminer qui a besoin de notre aide en matière de rétablissement des liens familiaux. Nous mettons donc en place un service que les personnes peuvent utiliser pour rétablir le contact, et le diffusons à tout le monde, pour que tous ceux qui ont besoin d’aide dans la région puissent nous contacter. Dans le même temps, nous visitons des institutions spécifiques, comme les hôpitaux pour voir si des personnes recherchées par leurs proches s’y trouvent. Et les enfants non accompagnés sont également une priorité.
Est-ce que d’autres organisations travaillent actuellement en Haïti pour aider les personnes à connaître le sort de leurs proches et où ils se trouvent ? Et comment le CICR coordonne-t-il les efforts menés par les diverses organisations ?
Des moteurs de recherche ou moyens de communication ont mis en place leur propre site web pour faciliter les contacts familiaux. D’autres sur le terrain ont pris des initiatives à titre personnel, recueillant et transmettant des informations sur les voisins ou amis, sur les institutions (tels les orphelinats etc.) Toutefois, à notre connaissance, il n’existe à ce jour aucune organisation qui s’occupe du rétablissement des liens familiaux à l’échelle mondiale.
Quand le Web a-t-il été utilisé pour la première fois pour aider à rétablir les liens familiaux ? Quelles ont été, dans l’histoire récente, les principales crises humanitaires au cours desquelles le CICR a déployé des activités similaires ?
Le premier site web du CICR sur le rétablissement des liens familiaux a été mis en place en 1995 dans le cadre du conflit armé en Bosnie-Herzégovine. Depuis lors, il a été utilisé dans des situations de conflit armé comme au Kosovo, en Irak ou en Somalie et suite à des catastrophes naturelles, tels l’ouragan Katrina en 2005 aux États-Unis ou le tsunami de 2004 en Asie du Sud. Le site Web permet non seulement de répondre aux besoins immédiats après une crise aiguë mais aussi de suivre les cas de personnes toujours portées disparues après la crise, comme par exemple durant le conflit armé au Népal.
Lors du rétablissement des liens familiaux, quelle est la différence entre une catastrophe naturelle et une situation de conflit armé ?
Différentes crises peuvent en effet avoir des conséquences de nature très différente. L’impact sur les liens familiaux est en grande partie fonction de l’état des communications téléphoniques, ce qui peut varier dans une très large mesure, dans le cas d’un conflit armé et d’une catastrophe naturelle. Durant un conflit armé, du fait des problèmes de sécurité, des précautions particulières doivent être prises lors du traitement des données personnelles même dans un but purement humanitaire de rétablissement des contacts familiaux.