Vue d'ensemble des opérations du CICR en 2010
Ce document présente les priorités opérationnelles fixées par le CICR dans le monde entier pour 2010. Il est fondé sur le processus interne d'examen et de planification des activités conduit, comme chaque année, par les 80 missions et délégations du CICR sur le terrain.
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a le plaisir de présenter ses appels d’urgence 2010, qui offrent une vue d’ensemble des situations avec lesquelles sont aux prises les personnes touchées par un conflit armé ou d'autres situations de violence, des objectifs prioritaires des délégations et des missions du CICR sur le terrain dans quelque 80 pays à travers le monde, ainsi que des besoins de financement correspondants. Les appels d’urgence décrivent les besoins tels qu’ils ont été définis au moment de la rédaction de ce document en novembre 2009.
Extrait de l’introduction rédigée par Pierre Krähenbühl, directeur des opérations du CICR.
Les tendances dans les conflits armés contemporains
Le premier élément frappant lorsqu’on analyse les principales caractéristiques des conflits d’aujourd’hui est leur durée moyenne. Dans la plupart des contextes où il mène des activités, le CICR est aujourd'hui présent depuis deux, trois, voire quatre décennies. Autrement dit, les conflits se caractérisent en général par une alternance de phases aiguës et chroniques, et il est rare qu’ils connaissent une fin claire et nette scellée par un accord de paix en bonne et due forme qui permette d’ébaucher le chapitre suivant de l’histoire d’un pays.
Nombre des conflits qui déchirent aujourd’hui la planète sont de nature économique et portent essentiellement sur des rivalités d’accès à des ressources énergétiques vitales, ce qui explique souvent pourquoi ils sont difficiles à contenir ou à résoudre. Il arrive aussi qu’ils aient une dimension tribale, ethnique ou religieuse, et qu’ils se caractérisent par la coexistence de groupes armés dont la raison d’être et les motivations premières relèvent souvent plus du banditisme que de prétendues revendications politiques.
Une particularité commune à beaucoup de situations de conflit actuelles est la coexistence de facteurs multiples et leur impact simultané sur les groupes à risque. La combinaison État faible, infrastructures délabrées et hostilités ouvertes, conjuguée à la présence d’acteurs mus par des intérêts politiques et de groupes criminels, d’une part, et à la dégradation de l’environnement, à la sécheresse, à des inondations ou à des pandémies, d’autre part, rendent des populations entières extrêmement vulnérables. La complexité inhérente à de tels environnements, souvent associée à une forte insécurité, fait qu’il est particulièrement difficile de déterminer la manière la plus appropriée de répondre aux besoins.
La crise économique a elle aussi eu un impact sur les citoyens d'États touchés par un conflit ou fragilisés. Il est toujours difficile d’offrir une lecture globale de la situation, mais plusieurs éléments sont d’ores et déjà très préoccupants ; comme, en particulier, la chute des investissements étrangers et nationaux dans des industries d’importance vitale, qui, dans certains pays, a déjà entraîné des fermetures et d’importantes pertes d'emplois, ainsi qu’une baisse des transferts de fonds. Dans de nombreux pays touchés par un conflit, cet état de fait a un impact sur les moyens de subsistance d’innombrables familles ainsi que sur les choix qu’elles opèrent pour faire face. À ce jour, cependant, et contrairement à la crise alimentaire de 2008, la crise économique en elle-même semble ne pas avoir été immédiatement à l'origine d’insurrections armées de grande ampleur. Ce qui explique qu'il n'y ait pas de changements de taille dans les budgets du CICR, qui seraient à attribuer à ce phénomène – ou du moins, pas encore.
Chaque contexte présente une combinaison particulière de divers facteurs qu’il appartient au CICR de décoder à la racine s’il veut pouvoir répondre de manière appropriée à ceux qui ont besoin de son aide.
La nature de la vulnérabilité et des besoins lors de conflits armés et d'autres situations de violence
Au cours de l’année 2009, le personnel terrain du CICR et les collaborateurs des Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ont été confrontés à des difficultés, des souffrances et des dangers de tous ordres, qui ont eu un impact cruel sur la vie d’hommes et de femmes pris dans des conflits armés ou d’autres situations de violence sur la planète tout entière. Le CICR axe son analyse et ses activités sur ces personnes et ces communautés, accordant une priorité particulière à ceux qui sont directement touchés par les hostilités : les blessés par arme, les civils en danger, les personnes déplacées à l'intérieur de leur pays qui fuient les zones de combat, ainsi que les détenus exposés aux risques de mauvais traitements ou de disparition.
Les extraits cités ci-dessous sont tirés de documents de planification provenant de plusieurs délégations du CICR. Ils illustrent de manière poignante les diverses façons dont un conflit peut accroître la vulnérabilité des populations :
« L’offensive militaire (…) s’est révélée d'une nature et d'une ampleur sans précédent s’agissant des moyens et des méthodes de guerre utilisés (…), du nombre de victimes et de l’étendue de la destruction de biens civils. »
« Année après année, les rapports (…) mettent en lumière les facteurs ayant des répercussions négatives sur la population : le chaos, la criminalité, les déplacements massifs, le désespoir, la faim, (...), l'éclatement de (...) la société, une succession de processus de paix avortés (...). La combinaison du conflit et de la sécheresse a tellement affaibli les communautés que même les mécanismes de survie traditionnels ne fonctionnent plus (…). »
« Il existe aussi de grandes préoccupations quant à la protection de la mission médicale. De toutes parts, des éléments entravent la fourniture de soins de santé, faisant peu de cas de l'insuffisance des structures de santé et au mépris du personnel soignant et des patients (…). L’insécurité à elle seule est présentée comme le principal facteur rendant impossible la fourniture de soins de santé, et des centres de soins situés dans les régions les plus durement touchées seraient à l'arrêt ; certains ont été incendiés ou détruits, alors que d'autres restent fermés en raison de menaces directes adressées à des membres du personnel soignant ou parce que d’autres ont été assassinés. »
Les conflits armés ont en outre des effets indirects imputables notamment aux restrictions de mouvement prolongées associées à diverses formes d’humiliation, à la constante détérioration des conditions sanitaires et d’hygiène dans les zones de conflit et à proximité de ces dernières – qui entraîne des décès dus à des maladies transmissibles pouvant en grande partie être évitées –, et au manque d'accès à l'eau potable, aux terres agricoles, aux services essentiels ou à l'assistance humanitaire.
Outre ces conséquences physiques directes et indirectes, les conflits armés ont un impact sur la santé mentale des personnes, comme cela est illustré dans l’extrait suivant :
« Le sondage montre qu’une proportion non négligeable des familles croient encore ou espèrent que leurs proches sont vivants et qu’ils vont revenir. En outre, bien des années après que ceux-ci ont disparu, la charge émotionnelle des individus concernés est encore très importante. Un pourcentage élevé des personnes interrogées admettent souffrir de pensées intrusives, alors qu’elles sont incapables de partager ce qu’elles ressentent avec qui que ce soit d’autre. L’enquête a révélé l’existence d’un véritable état de souffrance psychologique associé à des signes évidents de dépression et d’anxiété, ainsi qu’à des symptômes psychosomatiques. »
Les conflits armés ont un impact différent sur les gens, selon si l’on a affaire à des hommes ou à des femmes, à des jeunes ou à des personnes âgées. Le CICR a nettement amélioré son analyse des besoins spécifiques des femmes ainsi que la manière dont il s'emploie à y répondre. Il travaille actuellement à consolider certaines des méthodes qui lui permettent de prendre en considération les besoins des enfants, mais il lui reste encore bien à faire pour améliorer sa façon de planifier la prise en compte des besoins particuliers des bénéficiaires plus âgés.
Comme toujours, la priorité, l’essence même de l’action humanitaire, est de sauver des vies et d’avoir un véritable impact lorsqu’il s’agit d’atténuer la souffrance humaine.
Incidences sur les opérations actuelles du CICR
En 2009, le CICR a été particulièrement actif sur le terrain. Plusieurs situations ont apporté la confirmation que sa présence régulière, sa neutralité, son impartialité et son indépendance, ses réseaux, ses partenariats stratégiques avec les Sociétés nationales et sa capacité de déploiement et de réponse rapides représentent une valeur ajoutée appréciable lorsqu'il s'agit de remédier aux besoins des populations sinistrées.
Ces douze derniers mois, le CICR s’est montré fermement déterminé à faire face aux responsabilités et aux pressions que lui imposaient simultanément le plus important budget initial de l'histoire de l’institution pour le terrain – 997 millions de francs suisses –, neuf rallonges budgétaires d’un montant total de 144 millions de francs – allouées aux opérations en Afghanistan, en Israël et dans les territoires occupés, au Pakistan (2), aux Philippines, en République démocratique du Congo, à Sri Lanka, au Yémen et au Zimbabwe –, ainsi que toute une série d’opérations exigeantes dans des contextes tels que le Caucase du Sud, la Colombie, l’Irak, la région du Sahel, la Somalie, le Soudan et le Tchad.
En 2009, en outre, le CICR s’est trouvé confronté à de nombreux défis qui ont mis à l’épreuve son approche neutre, impartiale et indépendante. Les restrictions d'accès, pour des raisons politiques ou de sécurité, ou encore du fait que l'institution n'est pas suffisamment acceptée, sont un sujet constant de préoccupation. En 2009, le CICR a dû faire face à plusieurs incidents graves : trois de ses collaborateurs locaux ont été tués à Sri Lanka, un autre a perdu la vie dans un attentat à la voiture piégée perpétré de manière indiscriminée en Afghanistan, et un cinquième a perdu la vie en République centrafricaine. En outre, trois délégués expatriés ont été retenus en otage aux Philippines pendant six mois, un véritable cauchemar pour eux et pour leurs proches, qui a mis la délégation et le CICR tout entier à très rude épreuve. Par ailleurs, à l’heure où nous publions le texte de ces appels, un collaborateur expatrié est toujours aux mains d’hommes armés, après avoir été enlevé dans la province soudanaise du Darfour, fin octobre. Comme cela a été le cas pour les otages des Philippines, une cellule de crise travaille sans relâche pour qu'il soit libéré dès que possible et en toute sécurité.
Principaux défis pour le CICR en 2010
Accès et proximité
Le principal défi auquel le CICR est confronté en permanence est de pouvoir accéder aux populations ou aux personnes touchées par un conflit armé ou d’autres situations de violence.
Le CICR a le souci permanent de s’acquitter de l’engagement qu’il a pris de travailler à proximité de ceux qui ont besoin de son aide. On entend souvent par proximité la présence tous azimuts de collaborateurs dans un contexte donné. Or, il s’agit d’un concept qui va bien au-delà de la situation géographique et de la présence physique, et qui suppose une parfaite compréhension de la situation particulière de chaque personne vulnérable et des facteurs multiples qui mettent en danger sa sécurité et son bien-être. Elle implique d’être à même de décoder les profondes cicatrices que la violence armée laisse chez ceux qu’elle frappe, tant sur le plan physique que psychologique.
Perception, acceptation et dialogue avec toutes les parties prenantes
La perception et l’acceptation constituent des facteurs interdépendants. Elles sont toutes deux influencées par la qualité des activités du CICR en faveur des personnes touchées par un conflit, la mesure dans laquelle son action est jugée pertinente, la crédibilité des efforts qu’il fournit pour faire respecter les règles du droit international humanitaire et la discipline à laquelle il se soumet pour se conformer à ses Principes fondamentaux. Elles sont également conditionnées par la qualité du dialogue que le CICR établit avec toutes les parties engagées dans des conflits armés et d’autres situations de violence ou qui sont en mesure de les influencer.
Or, on ne peut jamais prétendre être parvenu à une acceptation positive, d’autant moins au jour d’aujourd’hui. Aussi les équipes du CICR travaillent-elles quotidiennement à construire des relations et à générer de la compréhension pour, indirectement, gagner cette acceptation et la préserver. Dans certains pays où il est présent depuis de nombreuses années et où il travaille en étroite coopération avec les Sociétés nationales, le CICR est arrivé à susciter une compréhension positive, bénéficiant du fait que les acteurs et les parties en présence ont pu apprécier les résultats de son travail. Dans d’autres situations, notamment là où elle mène des opérations depuis peu de temps, l’institution s’emploie à mettre des réseaux en place et à tisser des liens, tout en s’efforçant de répondre dans l’urgence aux besoins les plus pressants. Le comportement de chaque collaborateur, sa sensibilité et sa capacité à être véritablement à l’écoute et à assimiler des perceptions très diverses sont alors autant de facteurs déterminants pour y parvenir.
Préserver le caractère neutre, impartial et indépendant de l’action humanitaire
La capacité du CICR à démontrer la valeur ajoutée d’une action humanitaire neutre, impartiale et indépendante, ainsi que la pertinence du droit international humanitaire, demeure déterminante dans les situations de conflit actuelles. S’il veut avoir un impact réel sur le sort des populations vivant dans des zones de conflit à travers le monde, il faut que ce qu’il professe soit en parfaite adéquation avec ce qu’il fait effectivement ; la prévisibilité et la crédibilité sont donc deux éléments essentiels de son action.
Mettre l’accent sur la gestion des opérations et de la sécurité
Ces dernières années, on a beaucoup parlé et beaucoup écrit sur les problèmes de sécurité toujours plus importants auxquels doivent faire face les organisations humanitaires. La militarisation de l'assistance humanitaire et le flou entre activités militaires et activités humanitaires suscitent en effet un vif débat. Quant au risque que les organisations humanitaires soient instrumentalisées et que leur action ne se démarque pas suffisamment des programmes politiques et militaires, il est régulièrement mis en évidence.
Il s’avère que l’action humanitaire est de plus en plus souvent rejetée par de nombreux groupes armés, et ce, pour diverses raisons, allant de l’opportunisme politique à l’idée que le travail humanitaire s’inscrit dans un cadre politique et militaire plus général. Les attaques dont ont été la cible des travailleurs humanitaires se sont multipliées à tel point ces trois dernières années que plus d’un observateur évoquent désormais le spectre d’une crise profonde qui menace l’action humanitaire en général.
Le CICR est convaincu de l’importance de continuer à décentraliser la gestion de la sécurité par le biais de son vaste réseau de collaborateurs nationaux et internationaux. Il est conscient que l'étendue des activités qu'il mène actuellement implique un degré d'exposition aux risques élevé, qu’il est nécessaire de gérer attentivement et systématiquement. Ce qui signifie que rien n’est jamais acquis d'avance pour l'institution, qui reconnaît la fragilité de ses opérations dans de nombreuses situations.
Un ancrage véritablement universel
Le CICR s’efforce désormais d’être véritablement universel tant dans sa réflexion que dans son action. Il est essentiel qu’il sache apprécier non seulement des situations locales, mais aussi comment les différents acteurs régionaux et mondiaux perçoivent les situations de crise à travers le monde et interprètent les dynamiques humanitaires. Par ailleurs, l’institution doit s’assurer un ancrage plus solide et plus authentique dans les différentes régions du monde.
Champ d’action et capacité d’intervention multidisciplinaire
Malgré toutes les contraintes que cela suppose, le CICR doit continuer à pouvoir s’assurer un champ d’action le plus large possible et une capacité d’intervention multidisciplinaire. Cela implique pour lui de pouvoir établir un centre de gravité bien ancré dans les zones de conflit armé et dans d’autres situations de violence, de pouvoir intervenir lors des phases de relèvement précoce et de transition quand des catastrophes naturelles frappent des régions touchées par un conflit, ainsi que d’être disposé à se pencher sur les contours des contextes politico-criminels mixtes propres aux milieux urbains, en vue d’en tirer des enseignements pour l’avenir. L’institution doit donc être en mesure de mobiliser des compétences très diverses pour pouvoir aussi bien intervenir rapidement lors de situations d’urgence que pallier les effets de crises chroniques et rétablir les moyens de subsistance.
Le large éventail de pratiques opérationnelles et de services que le CICR est aujourd’hui en mesure de mettre au point et de déployer, soit seul, soit conjointement avec les Sociétés nationales, lui permet en principe une plus grande flexibilité dans la définition de stratégies adaptées aux différents contextes.
Gérer une palette d’activités aussi large que celle du CICR implique également de devoir cibler et hiérarchiser son action, notamment dans les domaines de la prévention et de la coopération ; ce qui veut également dire qu’il doit pouvoir réduire rapidement ses effectifs en fonction des situations, comme cela a été le cas en Géorgie, au Libéria et en Ouganda.
Coordination et partenariats
Une des spécificités essentielles de la manière dont l’institution envisage ses partenariats est l’interaction stratégique entre le CICR et les Sociétés nationales des pays où il mène des opérations, ainsi que la façon dont il implique ces dernières. Une telle approche suppose une prise en compte accrue des capacités et des attentes des Sociétés nationales dans la planification et la programmation du CICR, et un soutien plus ciblé des efforts des Sociétés nationales en matière de renforcement des capacités.
En 2010, le CICR s’emploiera tout particulièrement à maintenir ou à renforcer son interaction opérationnelle avec les Sociétés nationales dans diverses situations de conflit telles que l’Afghanistan, la Colombie, Israël et le territoire palestinien occupé, le Pakistan, les Philippines, la République démocratique du Congo, la Somalie et le Yémen.
En outre, le CICR poursuivra et élargira ses efforts visant à établir des relations plus étroites et plus diversifiées avec une série de Sociétés nationales souhaitant travailler dans des pays tiers, à promouvoir une coordination solide entre les composantes du Mouvement et à encourager des approches novatrices dans le domaine des partenariats.
Le CICR a intégré sa stratégie de coordination – basée sur les faits et orientée vers l'action – dans ses relations avec les autres acteurs humanitaires. À cette fin, il entretiendra des relations avec un certain nombre d’organisations non gouvernementales et d’institutions des Nations Unies, avec lesquelles il discutera de questions stratégiques et opérationnelles.
Composantes du budget et priorités opérationnelles pour 2010
Le présent document contient un appel initial d'un montant de 983,2 millions de francs destiné à couvrir les activités du CICR sur le terrain en 2010.
Une des principales particularités du budget du CICR pour 2010 est qu’il tient compte du niveau actuel de l’engagement opérationnel de l’institution dans le monde entier pour répondre de façon crédible aux besoins des populations à risque. Le budget 2010 est stable, avec une variation de juste 1% par rapport à celui de 2009 – le budget le plus élevé jamais présenté par le CICR.
L’importance de l’engagement de l’institution s’explique en partie par l’accès durable dont elle jouit dans des régions conflictuelles clés, ainsi que par l’augmentation sensible des activités médicales déployées – un domaine dans lequel le CICR s’efforce de renforcer son action, tant indépendamment qu’en partenariat avec les Sociétés nationales.
Le CICR fera en sorte d’être toujours en mesure de déployer ses équipes d’intervention rapide afin de pouvoir faire face, en particulier, à des crises imprévues, ou à de nouvelles situations d'urgence majeure. Il suivra de très près les effets de la crise économique sur les moyens de subsistance des personnes vivant dans des pays touchés par un conflit ou économiquement fragiles.
En 2010, les dix opérations les plus importantes du CICR dans le monde seront menées en Afghanistan (CHF 86 millions), en Irak (CHF 85,2 millions), au Soudan (CHF 76,3 millions), en République démocratique du Congo (CHF 66,3 millions), en Israël et dans les territoires occupés (61,5 millions), au Pakistan (CHF 56,6 millions), en Somalie (CHF 54,9 millions), en Colombie (CHF 36,9 millions), au Yémen (CHF 23,9 millions) et au Tchad (CHF 22,1 millions).
Conclusion
Dans les conflits armés et les autres situations de violence, l’action humanitaire est centrée sur les populations, les risques, les vulnérabilités et les souffrances auxquels elles sont exposées, ainsi que sur les mesures qui doivent être prises pour prévenir, atténuer ou faire cesser ces souffrances. Chaque jour, les collaborateurs du CICR et des Sociétés nationales sont confrontés aux multiples effets des hostilités armées et des attaques violentes sur la sécurité, l’intégrité et les moyens de subsistance d’hommes et de femmes.
Le pouvoir qu’a l’institution de faire changer les choses dépend de plusieurs facteurs : sa capacité à analyser et à anticiper les tendances, sa capacité d’adaptation aux changements au cours de l’année, les risques (soigneusement pris en compte) qu’elle est prête à prendre pour atteindre les populations, les compétences dont elle dispose, la créativité et la détermination de ses collaborateurs sur le terrain, ainsi que la mesure dans laquelle son action est acceptée et comprise par une multiplicité d’acteurs. Elle est en outre fonction – et c'est essentiel – du soutien des donateurs, à savoir les gouvernements, les Sociétés nationales, la société civile et le secteur privé.
Au terme d’une année marquée par l’incertitude générée par la crise financière, par l’émergence de plusieurs situations d’urgence et par des conflits persistants qui ont nécessité une attention permanente, le CICR est profondément reconnaissant aux donateurs du soutien qu’ils lui ont apporté et de la confiance qu’ils lui ont témoignée.
On ne saurait trop insister sur l’importance de ce précieux soutien, dans la mesure où il est absolument vital si l’on veut que le CICR puisse s'acquitter de son mandat et assumer les responsabilités qui en découlent. Le respect de la neutralité, de l'impartialité et de l'indépendance de l'institution qui va de pair avec ce soutien financier est lui aussi reconnu et apprécié.
L'énergie et l'engagement qui animent le CICR trouvent leur origine dans le devoir qu'il s’est assigné d'améliorer le sort des personnes touchées par un conflit armé ou d’autres situations de violence. Chaque jour, nos 12 000 collaborateurs travaillent sans relâche à réaliser cet objectif fondamental, et leur détermination pour y parvenir est immense.